Dans un commissariat parisien aux murs pâles et au sol gris, une petite fille de quatre ans se tenait immobile, les bras serrés contre son corps. Son T-shirt rose était sale, son visage encore mouillé de larmes, et ses yeux cherchaient partout un endroit où se cacher.
Devant elle, un policier s’agenouilla doucement pour se mettre à sa hauteur. Sa voix était calme, presque paternelle, mais son regard restait grave.
— Petite, dis-moi seulement où tu as vu ta maman pour la dernière fois.
La fillette leva les yeux vers lui. Sa bouche tremblait. On voyait qu’elle luttait de toutes ses forces pour ne pas s’effondrer. Puis, dans un souffle, elle murmura :
— Maman m’a dit de ne parler à personne… sauf à un policier.
Le visage de l’homme changea aussitôt. Il resta silencieux, attentif, comme s’il comprenait que chaque mot pouvait tout faire basculer.
Pour la rassurer, il posa lentement la main sur son badge.
— Je suis policier. Tu peux me faire confiance.
La petite fixa l’insigne quelques secondes, puis revint à son visage. Sa respiration devint plus rapide. Elle semblait terrifiée, mais aussi décidée à obéir à la dernière consigne que sa mère lui avait laissée.
— Alors je dois vous dire ce que j’ai vu, dit-elle enfin.
Dans le couloir derrière eux, des pas résonnaient au loin. Le silence de la pièce devenait lourd, presque oppressant. Le policier se pencha un peu plus, sans la brusquer.
Et c’est là que la fillette, la voix cassée par la peur, montra légèrement le couloir du doigt.
— L’homme qui a emmené maman… portait le même uniforme…
Le policier se figea.
Pendant une seconde, plus rien ne bougea. Son regard changea, comme si ce qu’il venait d’entendre était bien plus grave qu’un simple témoignage d’enfant.
La petite déglutit, rassembla son courage, puis ajouta d’une voix tremblante :
— Et son nom, c’est…
Mais elle n’eut pas le temps de finir.