Dans une petite pharmacie moderne, le silence semblait plus lourd que d’habitude. Derrière le comptoir en bois, les étagères blanches étaient remplies de médicaments. Sur le comptoir,
il n’y avait qu’une ordonnance, quelques petites pièces et l’espoir fragile d’un vieil homme.
Il portait un vieux pull gris, une écharpe usée et une casquette plate. Sa main tremblait lorsqu’il poussa les pièces vers la jeune pharmacienne. Il savait très bien que ce n’était pas assez.
Pourtant, il demanda d’une voix basse :
— C’est tout ce que j’ai… mais elle a besoin de ce médicament aujourd’hui.
La pharmacienne baissa les yeux. Elle semblait gênée, presque coupable, mais elle répondit doucement :
— Je suis désolée… je ne peux pas vous le donner sans le paiement complet.
Le vieil homme poussa lentement l’ordonnance vers elle, comme si ce papier pouvait parler à sa place.
À ce moment-là, un homme élégant en manteau beige et cravate sombre s’approcha du comptoir. Son regard tomba sur l’ordonnance. Il lut le nom inscrit dessus… puis son visage changea immédiatement.
Il prit la feuille entre ses mains, pâle, troublé.
— D’où tenez-vous ce nom ? demanda-t-il dans un souffle.
Le vieil homme leva vers lui ses yeux humides. Sa voix tremblait.
— C’est le nom de ma fille… avant qu’elle disparaisse…
L’homme resta figé.
Dans la pharmacie, plus personne ne bougea. Ce qui venait d’être prononcé n’était pas seulement un nom. C’était le début d’une vérité que quelqu’un avait enterrée depuis des années.